Pesticides et alimentation

Les pesticides, tout le monde en parle. Mais savez-vous vraiment ce que c’est? Sont-ils réellement un danger pour notre santé et tout particulièrement pour les futures mamans et leur bébé?

Les pesticides, ce sont des substances chimiques utilisées couramment en agriculture pour favoriser la croissance des végétaux et les protéger contre les herbes envahissantes, les insectes et les maladies. Même les jardiniers amateurs utilisent des herbicides, des insecticides,  des fongicides, etc.. pour s’assurer d’une bonne récolte dans leur potager familial.

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Epandage de pesticides 

 

Les pesticides source de risques pour la santé des bébés

Ce que vous ignorez probablement, c’est qu’une partie des pesticides utilisés par les producteurs se retrouve sous forme de résidus plus ou moins nocifs dans tout ce que vous allez manger: les légumes et les fruits ainsi que les produits animaux tels que les œufs, le lait , la viande et le poisson!

Les preuves de leur présence dans les aliments

Le plan de surveillance 2004-2008 de la DGCCRF (Direction Générale des Fraudes) a mis en évidence la présence d’au moins un pesticide sur 64% des fruits, 35% des légumes et 37% des céréales étudiés.

Un quart des échantillons analysés contenaient au moins trois pesticides chacun.

Dans la même enquête, plus de 8% des animaux d’élevage et 27% des produits de la pêche contenaient eux aussi des résidus de pesticides.

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Culture intensive avec épandage de pesticides

Les effets des pesticides sur les femmes enceintes

L’Etude Pélagie a été effectuée par l’Inserm (Institut national de la Santé et de la Recherche Médicale) entre 2002 et 2005 sur un groupe de femmes enceintes en Bretagne.

Cette étude a révélé que presque tous les échantillons d’urines prélevés chez ces femmes enceintes contenaient au moins un pesticide et que la moitié des échantillons en contenait plus de cinq!

Dans une expertise collective en date de 2013 ( « Expertise collective- Pesticides-Effets sur la santé- Synthèse et recommandations » ), l’Inserm s’appuie sur des données de la littérature scientifique.

Ces données révèlent que l’exposition à certains pesticides durant la grossesse peut affecter le développement de l’enfant à court et moyen terme.

L’Institut confirme ainsi que  » …l’exposition à des toxiques chimiques au cours de la grossesse ou de la petite enfance peut être à l’origine de pathologies et handicaps chez le nouveau-né , chez l’enfant et parfois même pour la vie entière ».

 

L’impact des pesticides sur la santé des bébés

Si vous n’êtes pas encore  convaincus de la réalité des risques pour votre santé et celle de  votre enfant en gestation, voici les effets toxiques reconnus de quelques substances  utilisées couramment en agriculture conventionnelle. Elles se retrouvent sous forme de résidus dans les aliments que vous  consommez.

  • L’Aminotriazole: c’est un herbicide classé « Reprotoxique de catégorie 2« , c’est-à-dire qu’il est susceptible de nuire au fœtus.
  • Le Carbétamide: c’est un herbicide suspecté de cancérogénicité et de reprotoxicité catégorie 2.
  • L’Epoxiconazole: c’est un fongicide (anti-moisissures et champignons) qui est classé comme étant susceptible de nuire au fœtus et à la fertilité. Il est suspecté de provoquer des cancers et présente des risques pour les femmes enceintes et celles qui allaitent.
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Risques foeto-toxiques de l’époxiconazole- Extrait du site http://www.agro.basf.fr

 

  • Le Manèbe: c’est un fongicide irritant pour les yeux et les voies respiratoires et sensibilisant pour la peau (risques d’allergies). L’exposition à cette molécule sur le long terme peut provoquer une atteinte du système nerveux central (neurotoxicité).
  • L’Abamectine: c’est un insecticide destiné à protéger les fruits et légumes ainsi que les animaux d’élevage. Il est susceptible de nuire au fœtus et provoque des effets graves sur le système nerveux suite à une exposition chronique.
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Abamectine- Fiche toxicologique synthétique de l’INRS

 

  • La Pymétrozine: c’est un insecticide destiné entre autres à éliminer les pucerons sur les fruits et les légumes. Il est nocif et suspecté d’être cancérigène.
  • L’Acétamipride: c’est un insecticide susceptible de perturber le développement du système nerveux.
  • La Fenpropidine: c’est un fongicide nocif, irritant cutané et susceptible de provoquer des réactions d’allergie (sensibilisant cutané).
  • Le Malathion: c’est un insecticide classé comme cancérigène probable (catégorie 2A).

Il faut savoir également qu’un certain nombre de pesticides d’usage courant présentent des effets secondaires semblables à ceux des Perturbateurs Endocriniens.

S’ils pénètrent dans le corps par l’intermédiaire de la nourriture ou de l’air respiré,  ils se fixent ensuite sur des sites-récepteurs situés dans les glandes endocrines, comme par exemple dans la glande thyroïde, les testicules ou les ovaires. En prenant ainsi la place des hormones naturelles, ces substances nuisent gravement au bon fonctionnement du corps, ce qui peut avoir des conséquences très importantes dès lors qu’il s’agit d’un embryon ou d’un fœtus en pleine croissance.

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Dans une étude publiée par la revue European Urology en 2015, le Professeur Charles Sultan responsable du service d’endocrinologie pédiatrique du CHU de Montpellier suggère un lien entre les perturbateurs endocriniens et les malformations génitales à la naissance.Il précise que l’exposition d’un enfant à ceux-ci, en particulier durant le premier trimestre de la grossesse pourrait multiplier par trois le risque chez le petit garçon d’une malformation uro-génitale appelée « hypospadias ».

En conclusion

Il est donc évident que les femmes enceintes et les enfants en bas-âge doivent être préservés en priorité des effets secondaires des pesticides présents dans les denrées alimentaires.

Dans le prochain article, nous allons voir qu’il est possible de les éliminer facilement, à condition de savoir faire les bons choix lors de ses achats.

Alors à très bientôt pour les solutions .N’hésitez pas en attendant à commenter et à poser vos questions!

7 commentaires sur “Pesticides et alimentation

  1. Bonjour,
    Tout d’abord merci pour vos articles. J’aimerais connaître votre avis sur l’eau de boisson. Est-il préférable de consommer l’eau du robinet ou l’eau minérale en bouteille? D’un côté il existe des polluants dans l’eau du robinet et de l’autre les bouteilles plastiques ne sont pas très bonnes non plus. Que pensez-vous du charbon actif ou autres carafes filtrantes pour filtrer l’eau des polluants? Cette question concerne aussi l’eau que je donne à ma fille de 2 ans à qui je souhaite donner la meilleure eau possible. Merci d’avance.

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    • Bonjour Laetitia et merci également à vous pour votre commentaire.

      Alors, il y aurait beaucoup de choses à dire concernant la (mauvaise) qualité de l’eau au robinet mais je vais faire court ici.
      L’eau du robinet contient de nombreux polluants nocifs provenant à la fois de contaminations des eaux de surface (pesticides, résidus d’hydrocarbures, de médicaments, d’hormones, de produits radio-actifs, d’engrais, pcb et dioxanes, …) ainsi que des traitements qui ont été nécessaires pour la « potabiliser » (résidus chlorés, THM, aluminium,,..).
      De plus, il faut savoir que l’eau du robinet n’est pas contrôlée partout de la même façon: ces contrôles sont effectués tous les mois ou tous les ans, en fonction du débit distribué.
      Les normes de « potabilisation » sont larges car elles admettent la présence de nombreux polluants à des doses considérées comme « acceptables ». Certains polluants ne sont pas éliminés du tout du fait qu’il n’existe pas de filtres suffisants (nanoparticules, médicaments, autres polluants).
      En cas de dépassement des seuils limites de la règlementation, l’eau de mauvaise qualité continue d’être distribuée et donc consommée par les gens le temps que le problème « technique » soit réglé, même si cela prend plusieurs années…
      Il n’y a qu’en cas de risque très grave (bactériologique ou très forte pollution risquant d’entraîner la mort) que l’eau du robinet subit une interdiction.

      Concernant les carafes filtrantes, je n’y suis pas favorable pour les raisons suivantes:
      – les allégations mentionnées sur les descriptifs ne sont pas prouvées car les études nécessaires n’ont pas été effectuées. Il n’y a pas de normes imposées pour ces carafes.
      – les filtres diminuent seulement les quantités de calcium, de cuivre, de chlore, et de nitrates pour certaines.
      – les cartouches sont traitées à l’argent (biocide) et relarguent donc de l’argent dans l’eau filtrée. Le taux de potassium dans l’eau filtrée peut aussi être plus élevé que dans l’eau de départ.
      – quand la cartouche est saturée, elle peut libérer des métaux lourds emprisonnés et d’autres substances.
      -la composition exacte des cartouches n’est pas dévoilée par les fabricants.
      -la carafe et les cartouches sont fabriquées avec des plastiques (copolymères de styrène-acrylates) qui peuvent laisser migrer des molécules de styrène et d’acrylonitrile, des phtalates ou des benzophénones dans l’eau par dissolution (eau du robinet contient du chlore et d’autres substances qui attaquent le plastique).

      L’idéal est l’eau en bouteille en verre (le must) ou en plastique, à condition de choisir une eau plate avec la mention « Convient pour l’alimentation des nourrissons ».
      Pour exemples, vous pouvez choisir la Mont-Roucous, l’Evian, la Montcalm, la Celtic, la Volvic,..
      Ces eaux en bouteilles ont les qualités suivantes: une très faible minéralisation (résidus inférieur à 500mg/l) et un taux de nitrates inférieur à 10mg/l.
      Elles proviennent de réserves d’eaux préservées des pollutions. leur qualité chimique et bactériologique est surveillée très régulièrement et en cas de problème, la production s’arrête.
      En ce qui concerne le plastique des bouteilles, il s’agit de Polyéthylène Térephtalate (PET) qui peut relarguer de l’antimoine mais ce « défaut » n’est pas comparable à la bouillie chimique de l’eau du robinet.
      Si vous utilisez de l’eau en bouteille, veillez à la conserver dans un endroit frais et à l’abri de la lumière.

      Bon week-end Laetitia.

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  2. Bonjour Andree,
    Tout d’abord je vous remercie beaucoup pour votre réponse très complète et qui répond bien à mes interrogations. Je me pose par ailleurs des questions sur une autre boisson que je consomme régulièrement, c’est le lait de vache. J’en prends tous les matins avec mes flocons d’avoine. J’ai entendu beaucoup de (mauvaises) choses sur le lait et j’aurais voulu connaître votre avis. Est-il préférable de boire d’autres de types de lait (lait d’amande, de soja, etc)? Merci d’avance.
    Laetitia

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    • Bonjour Laëtitia et merci pour vos commentaires.

      Les laitages sont des aliments à consommer avec modération.
      Le lactose ( =sucre) présent dans le lait est mal digéré lorsque le corps ne synthétise pas assez d’ une enzyme spécifique (= lactase) nécessaire à l’hydrolyse de ce sucre. C’est le cas pour certaines populations d’origine africaine, asiatique et également pour une partie des adultes occidentaux. Cette mal-digestion entraîne des flatulences, des diarrhées, une irritation de l’intestin voire des céphalées.
      Les protéines présentes dans le lait sont également difficiles à digérer, en particulier la caséine qui coagule en amas dans l’estomac. Cette protéine peut être à l’origine d’allergie. L’homogénéisation du lait favorise « l’accouplement » de petites particules de graisses (crème) avec des protéines. Ce mécanisme peut permettre aux protéines animales de franchir la muqueuse intestinale pour se retrouver dans le sang et les cellules , provoquant alors des réactions allergiques de l’organisme.
      Il ne faut pas oublier non plus que les laits animaux bio-concentrent les polluants puisque les animaux consomment de l’eau et des végétaux en très grandes quantités et éliminent une partie des polluants par l’excrétion lactée.
      Pour toutes ces raisons, il me semble préférable de ne consommer des laitages que ponctuellement.
      En remplacement de nutriments plus particulièrement présents dans le lait, voici quelques suggestions:
      – pour les acides aminés essentiels: amandes et noisettes crues, sarrasin, jaune d’œuf, amarante, quinoa, farine d’avoine, spiruline, combinaisons riz + lentilles ou maïs + haricots ou encore riz+ soja,..
      – pour le calcium et le phosphore : amandes et noisettes crues, lait d’avoine fabriqué à partir de farine d’avoine bio, céleri, pulpe de noix de coco,..
      – pour la vitamine A: choux, carottes, céleri cru, oranges, amandes crues, persil, cacahuètes crues, germe de blé, jaune d’œuf, banane,…
      – pour la vitamine D: cacahuètes crues, jaune d’œuf, beurre cru, poissons, viandes… en sachant que le corps synthétise lui-même de la vitamine D à partir du cholestérol et à l’aide des rayons solaires sur la peau.
      Bien entendu, tous ces aliments sont à choisir d’origine biologique.

      En ce qui concerne les laits végétaux déjà tout prêts, il faut savoir que leur composition varie énormément selon les choix des fabricants (sucre, arômes, dilution avec de l’eau, ajouts de vitamines ou de minéraux).
      De ce fait, ils n’apportent pas forcément tous les nutriments nécessaires.

      En conclusion, si vous voulez remplacer le lait de vache d’un point de vue gustatif, vous pouvez choisir un lait végétal qui plaira à votre palais: lait d’amandes, d’avoine, de noisettes, de soja, de riz, de coco, etc…
      Si vous souhaitez « récupérer » les nutriments présents dans le lait animal, complétez vos menus avec les aliments que je vous ai cités précédemment.

      J’espère avoir répondu à votre question.
      Bonne journée Laëtitia.

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  3. Bonjour et merci beaucoup pour vos réponses toujours très détaillées. Je donne actuellement du lait de croissance à ma fille de 2 ans. Selon vous, jusqu’à quel âge est-il recommandé de donner du lait aux enfants? Et-il préférable de ne plus donner de lait de vache comme boisson quotidienne après l’âge de 3 ans? Merci d’avance.
    Laetitia

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    • Bonjour Laëtitia,

      Si votre fille a une dentition qui lui permet de manger de tout, vous pouvez considérer le lait de vache non pas comme une boisson mais comme un simple aliment parmi d’autres.
      C’est-à-dire que le lait n’est plus le moyen principal pour votre fille d’ obtenir les nutriments dont elle a besoin.
      Vous pouvez continuer à lui proposer des laitages bios sous forme de yaourt par exemple ou de lait liquide mais de manière ponctuelle dans la journée.
      En parallèle, elle trouvera des protéines dans la viande ou les œufs ou encore dans des céréales et légumineuses accompagnées de légumes.
      Proposez des laits végétaux (amandes, noisettes, coco, avoine,..) à la fois pour les lipides, les glucides et les vitamines et minéraux qu’ils apportent, ainsi que pour leur saveur gustative à faire découvrir à votre fille. Préférez les laits végétaux sans sucre ni vitamines ajoutés.
      Et n’oubliez pas les fruits frais si possible car ils contiennent des vitamines, dont la vitamine C indispensable et fragile, des minéraux, des glucides et des fibres.

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